Bouffées de chaleur : 3 causes en médecine chinoise, et pas seulement la ménopause

Bouffées de chaleur, chaud en haut et froid en bas : trois terrains en médecine chinoise

Vous avez des bouffées de chaleur, et on vous répond tout de suite « c’est la ménopause » ? Ce n’est pas forcément le cas. Les bouffées de chaleur peuvent arriver dans la vie à n’importe quelle époque, chez les femmes comme chez les hommes.

En médecine traditionnelle chinoise, les causes des bouffées de chaleur se lisent à travers le terrain : une même bouffée de chaleur peut venir de terrains très différents. Et selon le terrain, ce qui aide change complètement. Dans la vidéo, je présente les trois cas que je rencontre le plus souvent. Ce sont des simplifications : la médecine chinoise va beaucoup plus loin, et d’autres cas existent. Mais vous allez peut-être vous y reconnaître.

Premier cas : la chaleur qui vient d’un manque de fraîcheur

Le premier cas, c’est une personne qui a des bouffées de chaleur, mais aussi pas mal de signes de sécheresse : la soif, la peau sèche, les yeux secs, les muqueuses sèches. Elle peut commencer à perdre du poids (une perte de poids inexpliquée demande d’abord un avis médical). Elle peut aussi avoir des crampes, des engourdissements dans les membres, des fourmillements.

Ses bouffées de chaleur arrivent surtout la nuit, avec les extrémités chaudes, ou au niveau de la tête et du haut du corps. Souvent avec de l’agitation, des rêves agités, des réveils au milieu de la nuit sans arriver à se rendormir.

Si elle tire la langue, elle peut voir une langue très rouge, avec un enduit parfois inexistant, et parfois de petites fissures.

En médecine chinoise, ce tableau est associé à un vide de yin : des Reins, du Foie, ou des deux à la fois. Quand c’est le Cœur qui est concerné, on peut avoir en plus des palpitations, un sommeil très agité, l’esprit agité.

Par contraste, on sent davantage la chaleur

En médecine chinoise, on regarde la personne un peu comme la nature : il y a de l’humidité, de la sécheresse, du chaud, du froid. Le yin, c’est la part de fraîcheur et d’humidité du corps.

Dans le vide de yin, la chaleur reste au départ la même. Le yin, lui, se creuse petit à petit : la fraîcheur s’en va, l’humidité est de moins en moins présente, et par contraste la sécheresse et la chaleur prennent le dessus.

On peut l’imaginer comme une balance, avec de l’eau d’un côté et une flamme de l’autre. Si l’eau s’évapore, la balance penche vers la flamme, alors que la flamme n’a pas grandi. C’est aussi ce qui rend la nuit difficile : le yang n’arrive plus à rentrer dans le yin.

Ce qui creuse le yin

Ce cadre peut se retrouver à la ménopause, mais il n’est pas systématique chez les femmes ménopausées. Je le vois souvent après une longue période de grand stress, de grand épuisement, mental comme physique, ou après des maladies qui durent. Des choses qui se sont creusées sur la durée : une alimentation qui ne convient pas, peu de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité, énormément de stress, énormément de demandes dans la vie de tous les jours.

La médecine chinoise dit que le surmenage « mange » le yin. Ce qui va dans le bon sens ici : ne pas brûler la chandelle par les deux bouts, de vrais moments de repos, des nuits qui commencent le plus tôt possible, avant 23 h. Côté assiette, les repères classiques pour ce terrain vont vers des aliments frais et humidifiants, cuits doucement (vapeur, bouilli, blanchi) : le millet, l’orge, le haricot mungo, le tofu, le sésame noir, la sardine, et les œufs en petites quantités. Et on évite ce qui chauffe et assèche : l’alcool, le café, les épices, et les cuissons qui dessèchent, comme les grillades ou le barbecue.

J’avais détaillé ce terrain dans un article précédent : Bouffées de chaleur : et si le terrain expliquait tout ?

Deuxième cas : frileux, et pourtant des bouffées de chaleur

Le deuxième cas s’en rapproche, avec toujours ce contraste de chaud et de froid, d’humidité et de sécheresse, mais pris sous un autre angle. On est plutôt dans un vide de yang des Reins.

Les Reins, la batterie de l’organisme

J’en parle souvent : en médecine chinoise, les Reins, c’est un peu la batterie de tout l’organisme. C’est ce qui nous permet d’alimenter notre corps et notre énergie durant toute notre vie, c’est là qu’est stockée notre énergie, et ça a beaucoup de rapport avec les hormones. Quand on a un vide de yang des Reins, il y a du froid au niveau des Reins, et notamment dans le bas du corps.

Le Cœur et les Reins, le feu et l’eau

La médecine chinoise relie le Cœur au feu, à la chaleur, et les Reins, en bas, à l’eau. Pour une bonne santé générale, les deux communiquent sans cesse : la chaleur du Cœur descend au niveau des Reins pour réchauffer cette eau, ce qui fait une espèce de petite vapeur qui remonte ensuite nourrir tout l’organisme. Quand ce cycle fonctionne bien, la chaleur est bien répartie, sans excès de froid ni de chaud.

Dans le vide de yang des Reins, le bas se refroidit. Tout est froid, la chaleur du Cœur ne descend plus réchauffer en bas, et elle reste tout simplement bloquée en haut. Le froid en bas, la chaleur en haut.

À quoi ça ressemble

Une personne plutôt frileuse, qui ne perd pas forcément de poids : au contraire, elle commence à faire de la rétention d’eau et à prendre du poids. Du froid au niveau des lombaires, des fesses, des cuisses, des genoux. Souvent une digestion faible, puisqu’en médecine chinoise les Reins viennent aussi suppléer la digestion. Et quand même des bouffées de chaleur. C’est un versant qu’on retrouve aussi très souvent à la ménopause.

Ici, la direction est de réchauffer l’énergie des Reins et de rétablir cette circulation. Les repères alimentaires de ce terrain vont vers des plats cuits longtemps, des soupes, des boissons chaudes, et on limite le cru et le glacé. Les épices réchauffantes peuvent avoir leur place, avec mesure et en restant attentif aux bouffées, puisque ce terrain en a aussi : utilisées de manière excessive, elles finiraient par assécher les liquides.

J’avais aussi consacré un article à ce terrain : les Reins qui refroidissent et le Cœur qui s’échauffe.

Troisième cas : la cocotte-minute

Une autre chose qu’on voit souvent, et aussi chez les femmes à la ménopause : une personne extrêmement tendue, de par son terrain physique mais aussi son terrain émotionnel. Elle a besoin de contrôler son environnement pour se rassurer, elle est très impatiente, très sensible aux événements extérieurs, elle réagit très fort, se met en colère ou pleure très facilement. Elle supporte mal les changements de saison et de température.

En médecine chinoise, ce terrain est souvent en lien avec le Foie, un organe très émotionnel, et qui a une fonction de libre circulation dans le corps. Tout doit bien circuler : les émotions, les liquides, le sang. Quand ça ne circule plus, quand ça bloque, ça fait cocotte-minute. La chaleur finit par se diffuser, et avec tout ce stress accumulé, des fois, hop, la vapeur ressort : une bouffée de chaleur.

Dans ce cas, on peut aussi avoir les mains et les pieds froids, parce que la chaleur reste bloquée au centre. Les extrémités froides se retrouvent aussi dans le deuxième cas, mais pour une tout autre raison : ici, la chaleur est bien là, elle est seulement bloquée.

Ici, la direction change : faire circuler, détendre, apaiser. L’idée est que la personne ressente moins ces phénomènes de chaleur. Bouger son corps sans s’épuiser (la marche, la nage), exprimer ce qu’on ressent au lieu de le garder pour soi, des repas légers pris au calme, moins d’alcool, de café et de fritures : ce sont les repères classiques pour ce terrain.

Sur le lien entre le Foie et les émotions, vous pouvez lire aussi : Colère et Foie en MTC : ce que la tradition chinoise dit vraiment.

Des directions différentes selon le terrain

Derrière les mêmes bouffées de chaleur, les directions sont différentes, parfois opposées : nourrir dans le premier cas, réchauffer dans le deuxième, faire circuler dans le troisième.

Un exemple concret dans l’assiette : le tofu et le millet, utiles dans le premier terrain, font partie de ce qu’on évite dans le deuxième.

La diététique est primordiale dans tous ces cas, et pas seulement pour les bouffées de chaleur.

Les causes des bouffées de chaleur : faire le point sur votre terrain

Les causes des bouffées de chaleur peuvent être multiples, et il en existe d’autres que ces trois cas. Si vous vous êtes reconnu, ou si vous hésitez entre deux, le plus simple est de faire le point ensemble. Vous pouvez me poser vos questions en ligne, m’appeler ou m’envoyer un message pour prendre rendez-vous : on fera un bilan pour voir dans quel contexte vous vous situez.

Pour un premier repère sur votre terrain général, le quiz en ligne vous aide en quelques minutes. Et si vous êtes près de Marseille, ma page consacrée aux bouffées de chaleur en médecine chinoise à Plan-de-Cuques présente aussi les autres terrains que je rencontre.

Questions fréquentes

Les bouffées de chaleur, c’est forcément la ménopause ?

Non. Elles peuvent arriver à n’importe quel moment de la vie, chez les femmes comme chez les hommes. La ménopause est un contexte fréquent, mais en médecine chinoise, ce sont surtout le terrain et le mode de vie (le stress, l’épuisement, le sommeil, l’alimentation) qui expliquent leur forme.

Pourquoi les bouffées de chaleur arrivent-elles surtout la nuit ?

En médecine chinoise, les bouffées nocturnes, avec des réveils et un sommeil agité, sont souvent associées à un vide de yin : la part de fraîcheur du corps s’amenuise, et la nuit, le yang n’arrive plus à rentrer dans le yin.

Peut-on avoir froid et des bouffées de chaleur en même temps ?

Oui, et c’est même fréquent. Dans le vide de yang des Reins, le bas du corps est froid et la chaleur reste bloquée en haut. Et dans le terrain de tension, les mains et les pieds peuvent être froids parce que la chaleur reste bloquée au centre.

Aller plus loin sur votre terrain

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⚠️ Cet article présente des repères d’hygiène de vie issus de la médecine traditionnelle chinoise. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin ni votre suivi gynécologique. Des bouffées de chaleur inhabituelles, surtout avec une perte de poids inexpliquée, de la fièvre ou des sueurs nocturnes qui durent, demandent d’abord une consultation médicale. En médecine chinoise, le « Foie », les « Reins » et le « Cœur » ne désignent pas les organes de l’anatomie occidentale.

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